Samedi 3 mai 2008

En visite éclair à Washington, le Premier ministre a jugé « préoccupantes » les répercussions de la crise sur les économies européennes.

Washington. De notre correspondant

En visite dans la capitale américaine en  compagnie  de  Christine Lagarde, ministre de l'Économie, et de Michel Barnier, ministre de l'Agriculture, le Premier ministre français, François Fillon, a jugé « préoccupante » la situation de crise de l'économie américaine.

« Cette crise a des répercussions sur la croissance dans la zone euro », a-t-il déclaré lors d'un point de presse, avant de rencontrer successivement Ben Bernanke, président de la Banque centrale américaine (Fed) et Henry Paulson, secrétaire au Trésor. François Fillon devait évoquer avec eux des pistes pouvant « mettre un terme » à la crise financière partie des États-Unis. « La zone euro ne peut supporter seule le poids de l'ajustement de toutes les monnaies », a-t-il plaidé. Il a rappelé que les échanges Europe-États-Unis représentent 40 % du commerce mondial.

Une situation « beaucoup plus saine en France »

Comme bon nombre d'Européens, les Américains ont aujourd'hui le moral en berne : contrecoups de la crise des crédits à risque (subprimes) de l'été dernier, envolée du prix des carburants et des denrées alimentaires, une croissance et un marché de l'emploi presque atones. C'est dans ce contexte de quasi-récession qu'avait lieu ce voyage éclair.

Il avait commencé, jeudi soir, au dîner de gala annuel du Comité des Américains juifs, où le Premier ministre, invité d'honneur, a plaidé en faveur d'une « alliance solide » entre les États-Unis et la France sur le plan économique. « La mondialisation a besoin d'être [...] économiquement régulée », a-t-il expliqué, soulignant la nécessité d'une « réaction coordonnée » avec les autres puissances industrielles.

Devant plusieurs grands patrons et investisseurs américains, vendredi matin, il a expliqué les réformes engagées en France depuis un an, « un effort qui va se poursuivre avec la future loi de modernisation économique ».

Sa visite s'est achevée par une entrevue avec Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du FMI, qui ne fait pas preuve d'un grand optimisme pour l'avenir. Selon ses projections, les prochains trimestres pourraient être « assez difficiles » pour les économies américaine  et  européenne.  Mais  le Premier ministre a refusé tout pessimisme. La situation financière des ménages et des entreprises est, selon lui, « beaucoup plus saine en France qu'aux États-Unis » et la demande intérieure reste soutenue.

Michel ZERR.

source: ouest-france.fr

 

 

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